Rapido : La Madone au magnificat

Madonna_of_the_Magnificat

Voici l’œuvre qui a été en tête de mon top ten pendant toute mon enfance. n’hésitez pas à cliquer dessus pour mieux voir : ça vaut le coup.

Car oui, moi, à dix ans, j’étais fan de Botticelli. Et à mes yeux, la Madone au Magnificat était le plus beau tableau du monde.

Peinte en 1481 pour les Médicis, j’ai éprouvé une émotion particulière quand j’ai pu, pour la première fois, la voir en vrai à la Galerie des Offices, à Florence, en 2006. C’est un peu comme si je rencontrais en chair et en os une vieille amie que je n’aurais fréquentée jusqu’alors que via le web. Et bien que non croyante, c’est avec une ferveur presque religieuse que je l’ai admirée. Comme souvent, elle était mieux que sur un écran…

J’ai vénéré Botticelli depuis le jour ou mes parents eurent l’heur de me refiler des reproductions et fascicules d’après ses œuvres. Il est probablement à l’origine de ma vocation d’artiste. Et il m’a donné la première leçon d’art de ma vie, la plus importante : celle qui dénonce la peinture comme la plus sublime des tricheries.

Regardez la main de la Madone. La façon dont le poignet se brise. QUI écrit comme ça ?

La perfection de la ligne, les dorures, les couleurs éblouissantes ne sont pas pour rien dans la fascination qu’il m’a inspirée, mais c’est ce type d’arrangement avec la réalité qui a remporté ma totale adhésion. Sandro se les permettait parce qu’il était à cheval entre les anciennes traditions médiévales et les nouvelles conceptions de la Renaissance. Pour créer l’harmonie sublime de ce tondo, il fallait cette solution d’enlumineur du moyen-âge.

Cet usage de deux langages graphiques apparemment incompatibles, c’est la grande audace de Botticelli. Classe. Très classe.  

Publicités